L’art de la gravure 1

Gravure 1 : définition générale


Le terme « gravure » vient du grec graphein qui signifie écrire ou dessiner. Dans sa plus large acception, il recouvre la transposition de formes en un système de lignes, de points et de surfaces.

Dans son sens commun, il s’agit du passage d’un dessin artistique libre (dans le domaine de l’art contemporain, il est souvent question de gravure originale, mais cela fut longtemps une gravure de reproduction) à l’élaboration d’un matériau approprié dans le but d’en obtenir une empreinte, c’est-à-dire de produire un certain nombre d’exemplaire de l’œuvre.
La gravure a connu de profondes transformations au cours du temps. Longtemps dépendante de la peinture et des livres qu’elle était sensée illustrer ou décorer, elle s’en est progressivement affranchie grâce à certaines personnalités artistiques (Dürer pour le burin, dont on verra dans un autre texte l’apport impressionnant. Rembrandt pour l’eau forte, une technique mixte qui sera aussi abordée plus tard.)
D’un point de vue technique, le tirage est la multiplication d’un dessin (ou d’un texte) élaboré par les procédés de la gravure par transfert d’une encre d’imprimerie d’un support (planche) sur du papier (ou d’autres matériaux adéquats) La planche est un objet matériel portant une représentation artistique dans laquelle se trouve délimités des éléments d’impression (des sites en creux ou en épargne) qui laissent une empreinte lorsqu’ils sont chargés d’encre. La planche peut-être faite en différents matériaux (bois, cuivre, zinc, acier, caoutchouc, pierre, linoléum, textile etc.) L’impression peut être manuelle (simple pressoir, rouleau) ou mécanique (presse de Gutenberg, presse de taille douce à moulinet, etc…). Le résultat final du tirage se nomme épreuve (ou estampe).

Chaque épreuve d’une même planche diffère quelque peu des autres, en partie à cause de l’apport manuel d’encre sur la planche et du tirage à la main. C’est pourquoi chaque épreuve définitive à valeur d’original. Il existe d’autres épreuves qui sont produites lors de l’élaboration de la planche par l’artiste : elles reçoivent le nom d’états (premier état, deuxième état, etc.) et n’existent qu’en nombre limité d’exemplaires. Les termes E.E ou E.A sont des abréviations de état de travail ou épreuve d’état.
L’estampe est signée et datée dans le coin inférieur droit, juste sous le dessin (à partir de la fin du XIXe). Dans le coin inférieur gauche, une fraction avec le numéro d’ordre de l’épreuve et parfois le titre.
Il ne faut pas que le nombre d’exemplaires originaux dépasse une certaine limite. Le maximum des tirages dépend de la technique utilisée et de la solidité de la planche (par ex, du plus dur au moins dur : acier, cuivre, zinc). En général, on va de 50 à 100 pièces (pointe sèche, crayon), 200 maximum en lithographie ou en sérigraphie. Le respect des limites et l’indication du nombre réel d’épreuves prouvent le sérieux du graveur. Moins on effectue de tirages, plus les épreuves sont précieuses.
Dans les prochains textes sur la gravure, j’aborderai plus en détail les différents procédés, les règles particulières liées au tirage, les instruments et leur mode d’utilisation.

source principale :

 

 

Les techniques de la gravure, Aleš Krejča, Gründ

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